Trouver le métier qui vous correspond

Si la transition entre salarié et micro-entrepreneur est assez facile sur le plan administratif, trouver le métier qui vous correspond pour vous épanouir dans l’entrepreneuriat est d’ordinaire beaucoup plus long.

Chris Guillebeau m’a accompagné dans mes premiers pas comme entrepreneur avec deux livres : 100 euros pour lancer son business et Osez être vous !. J’ai déjà rendu compte de son ouvrage précédent, The Happiness of Pursuit, consacré à des aventures au long cours entreprises par des personnes ordinaires. C’est donc tout naturellement que je vous présente aujourd’hui son nouveau livre, intitulé Born for This: How to Find the Work You Were Meant to Do.

Trouver le métier qui vous correspond

Les spectateurs sont souvent fascinés par la capacité de tel ou tel acteur à se réinventer pour un rôle. Dans une vie professionnelle, on a coutume de dire qu’un cycle de cinq ans est nécessaire pour changer de carrière ou se repositionner dans un métier plus compatible avec ses aspirations du moment.

Pour vous aider à concrétiser votre projet, nous vous conseillons d’utiliser notre modèle de business plan et nos tutoriels en vidéo.

Faire comme si vous aviez gagné à la loterie

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Quand on fait ses débuts dans la vie active, on remarque assez vite qu’il y a d’une manière générale deux attitudes par rapport au travail. Certains acceptent de garder un travail qui ne les rend pas heureux. Soit ils ne parviennent pas à identifier une alternative à leur situation présente, soit ils trouvent du plaisir dans des domaines extra-professionnels de leur vie. D’autres font en sorte de trouver un travail qui leur correspond, au prix d’un cheminement personnel souvent riche en expérimentations, en faux départs et en erreurs.

Dans Better Call Saul, un ancien escroc, Jimmy McGill, vit dans l’ombre de son frère avocat qui a toujours réussi et qui fait partie des associés-fondateurs d’un cabinet prestigieux. Espérant se racheter, Jimmy a fait des études de droit pour devenir à son tour avocat, mais il est constamment renvoyé à son passé et a bien du mal à endosser les habits d’un autre. Quant à Kim Wexler, elle se sent redevable vis-à-vis de son employeur qui lui a permis d’être formée comme avocate alors qu’elle travaillait au service du courrier. Elle se dévoue sans compter, dans l’attente d’être reconnue et de devenir associée. Le cheminement respectif des deux héros est différent. Pourtant, ils en arrivent à la même conclusion : ils doivent exercer en indépendant pour pouvoir être eux-mêmes.

Gagner de l’argent sans renoncer à vivre

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L’équation à résoudre pour trouver le travail idéal est assez simple sur le papier :

  1. ce métier correspond à ce que l’on aime faire (plaisir)
  2. ce métier rapporte suffisamment pour être viable sur le plan financier (argent)
  3. ce métier vous permet de valoriser vos compétences de manière unique (productivité)

En pratique pourtant, il faut parfois beaucoup de tentatives infructueuses avant de trouver un équilibre satisfaisant. D’une part, ces trois critères principaux ont une pondération différente en fonction de vos priorités du moment dans la vie. D’autre part, beaucoup d’autres facteurs entrent en jeu si l’on considère les conditions de travail les mieux adaptées pour vous. Certains recherchent de la flexibilité dans leur emploi du temps, d’autres veulent des responsabilités et être autonomes. En général, on réfléchit aussi en termes de sécurité de l’emploi et de bénéfices indirects comme le prestige du métier, les avantages en nature ou les possibilités de réseauter. Chacun a sa propre grille de critères au moment de chercher le travail qui lui correspond le mieux.

Pour un étudiant, les stages successifs devraient permettre d’affiner un projet professionnel personnel. Or, trop souvent, il y a une mise en conformité des projets de chacun en fonction de la formation suivie. Les étudiants qui entrent en école de commerce ont d’habitude des projets extrêmement divers et une idée très vague de ce que leur réserve l’avenir. Au terme de leur scolarité pourtant, la plupart d’entre eux se conforment à des carrières bien identifiées : finance, marketing, conseil et, dans une moindre mesure, entrepreneuriat. Les étudiants ont simplement intégré un horizon d’attente commun qui se double de mécanismes d’autocensure, comme la hiérarchie des écoles aux yeux des recruteurs, ou l’impératif financier de devoir rembourser ses frais de scolarité rapidement.

Parier sur soi

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Augustin Landier et David Thesmar écrivaient récemment : « On ne naît pas entrepreneur, on le devient en essayant ». Les deux économistes parlent du « stress de l’indépendance » comme ressort essentiel de la psychologie du porteur de projet qui doit endosser de multiples casquettes et souvent tout faire, au moins au début. L’entrepreneur en herbe fait généralement un pari sur lui-même en se disant, par optimisme ou pour se rassurer, que, comme le dit la tautologie publicitaire : « tous les gagnants ont tenté leur chance ».

Néanmoins, avec le temps, il faut apprendre à évaluer les risques, à faire de meilleurs choix et à avoir des plans de secours en cas d’échec. Identifier tout ce qui pourrait mal se passer permet déjà d’anticiper des solutions. Plus vous êtes capable de prendre des décisions rationnelles à partir de l’information limitée dont vous disposez, plus vous progressez dans votre évaluation des risques. Nous apprenons à le faire dans notre modèle de business plan.

En Inde, les jeunes gens ont coutume de plaisanter en disant que si leur recherche de l’amour échoue (plan A), il y a toujours la solution du mariage arrangé via les parents (plan B). Si votre plan initial est un échec, souvenez-vous qu’il reste 25 lettres dans l’alphabet pour réussir. Plus vous avez de solutions de secours, plus vous pouvez prendre de risques.

Trois manières simples permettent d’assurer ses arrières :

  • Tout d’abord, avoir plusieurs sources de revenus est un atout indéniable. Il vaut mieux avoir de multiples petits flux financiers que de dépendre d’un seul client.
  • Ensuite, contrôler ses dépenses pour les maintenir en dessous de son niveau de revenu est une autre piste. L’autofinancement d’un projet en amorçage repose sur cette logique.
  • Enfin, au-delà des aspects financiers, il est primordial de maintenir de bonnes relations avec tous les acteurs de votre écosystème. Le milieu professionnel dans lequel vous évoluez est sans doute bien plus restreint que vous ne l’imaginez. À un moment ou un autre, vous recroiserez certainement de vieilles connaissances, donc autant ménager les susceptibilités de chacun pour ne pas vous fermer des portes de manière irrémédiable.

Maîtriser les bonnes compétences

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Pour parvenir à trouver le métier qui vous correspond, il faut la plupart du temps développer en amont des compétences très diverses. Tout le monde est expert de quelque chose. Or, si vous êtes bon dans un domaine, vous êtes aussi habituellement bon dans d’autres. En ce sens, vous ne partez pas de zéro.

Il convient néanmoins de capitaliser sur vos compétences actuelles pour vous repositionner progressivement vers quelque chose qui vous correspond davantage. Cela suppose d’abord et avant tout de bien avoir en tête non seulement ce que vous faites bien, mais aussi ce que vous n’aimez pas faire et surtout ce que vous faites mal.

Toutes les compétences ne se valent pas. Certaines sont toujours utiles, peu importe ce que vous faites : qualité rédactionnelle, capacité à s’exprimer en public, sens de la négociation, savoir-faire en matière de gestion de projet, maîtrise de la technologie, etc.

Pour faire un travail remarquable, il ne suffit pas d’être bon dans son domaine. Il faut aussi exceller dans des compétences transverses. Un bon développeur est compétent en matière de code, mais il aime aussi prendre des initiatives, régler des problèmes et se consacrer entièrement à certains défis qui paraîtraient impossibles à résoudre pour un développeur lambda.

Trouver son domaine de prédilection

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Pour trouver son domaine de prédilection, inutile de croire qu’il est nécessaire d’avoir une passion pour se lancer. Il suffit parfois d’observer ce que les gens de votre entourage vous demandent. Cela suppose d’être attentif pour repérer ce qui revient d’une question à l’autre. Souvent, les personnes avec lesquelles vous travaillez ont une idée assez précise de ce qui vous rend unique en termes de compétences.

Résoudre les problèmes des autres au quotidien est donc parfois l’approche la plus simple et la plus efficace pour trouver son domaine de prédilection :

  • D’abord, commencez par lister cinq problèmes que vous avez été capable de résoudre pour quelqu’un.

Ne vous limitez pas au cercle professionnel.

  • Ensuite, trouvez un moyen de mieux comprendre vos futurs clients.

Au début de vos expérimentations, il vaut mieux se voir comme le concierge qui fait tout lui-même plutôt que comme un patron. Le concierge connaît tout le monde, travaille au quotidien dans l’immeuble et sait en temps réel ce qui s’y passe.

Pour éviter d’être hors sujet, il faut toujours se mettre à la place de la personne qui rencontre le problème. Il est préférable de se concentrer sur des problèmes spécifiques et mesurables plutôt que de vouloir tout changer. Un consultant en stratégie de marque a ainsi décidé d’offrir un quart d’heure de discussion téléphonique à 100 personnes pour saisir ce qui revenait le plus souvent. À partir de tout ce savoir accumulé, il a créé un cours en ligne répondant parfaitement aux besoins de son public. De même, un salarié en maintenance informatique a profité de l’aide qu’il donnait à ses collègues pour se former à une centaine de logiciels : transmettre et enseigner, c’est se donner la possibilité de mieux maîtriser une compétence.

Étendre ses possibilités, avant de les restreindre

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La meilleure manière de trouver la voie qui vous correspond est de multiplier les options avant de choisir la plus viable d’entre elles. Après tout, une fois que vous vous définissez comme « entrepreneur », vous êtes libre d’entreprendre comme bon vous semble :

  • La première étape est d’éliminer les idées qui ne vous apportent aucune joie.

Elles sont parfois très rémunératrices et ont pu vous aider à créer votre activité au début. Pippin Williamson a commencé par faire du développement de sites internet pour des clients en freelance sur son temps libre d’étudiant. Il a réalisé dans un deuxième temps que ce qu’il aimait était de développer des extensions pour WordPress.

  • Ensuite, vous pouvez abandonner les idées qui n’ont pas de réel potentiel en termes de monétisation.

Au début, il convient d’essayer un maximum de pistes de revenus, comme nous le voyons dans Monétiser son site, son blog ou son application mobile. Vous n’avez aucune idée la plupart du temps de ce que vous êtes en train de faire ni de ce qui a le potentiel de marcher : c’est précisément la définition d’une startup.

En ne mettant pas tous vos œufs dans le même panier, vous vous donnez la chance d’apprendre de vos erreurs et de découvrir plus ou moins accidentellement quelque chose qui peut être viable sur le plan financier.

Pippin Williamson a développé des dizaines de modules pour les sites WordPress avant de se concentrer sur des niches où les possibilités de monétisation étaient évidentes : Easy Digital Downloads (e-commerce de produits numériques), AffiliateWP (gestion d’un réseau d’affiliés) et Restrict Content Pro (contenu premium payant).

  • Enfin, vous pouvez supprimer les activités pour lesquelles vous n’êtes pas particulièrement bon.

Au terme de ce travail, vous aurez défini un chemin idéal pour vous. Ce cheminement peut durer plusieurs années. Prenez par exemple le cas d’une actrice reconvertie en consultante en gestion de carrière. Il lui a d’abord fallu deux ans pour accepter l’idée qu’elle ne serait plus actrice. Ce genre de renoncement est très difficile quand vous avez consacré plusieurs années de votre vie à un rêve, surtout si vous avez toujours un mince espoir auquel vous raccrocher. Ensuite, il y a eu plusieurs faux départs comme une tentative pour devenir designeuse de sites web, puis consultante en créativité. C’est dans cette activité qu’elle a réalisé combien elle était compétente pour aider ses clients dans leur carrière professionnelle.

Chaque cheminement vers le métier qui vous correspond est personnel, mais cette recherche de longue haleine fait toute la richesse d’une aventure entrepreneuriale.

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