Une question revient souvent : est-ce le bon moment pour monter son entreprise ?

Le bon moment pour monter son entreprise

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Beaucoup trouvent des excuses pour reporter cette décision, restant dans la catégorie des « wantrepreneurs », ceux qui se rêvent entrepreneurs mais ne s’en donnent pas les moyens. Cette catégorie grandit à mesure que la figure de l’entrepreneur remplace celle du consultant comme parcours à la mode en sortant d’école. La presse et les sites spécialisés participent du mouvement, relayant les histoires forcément magnifiques d’entrepreneurs, agrémentées de photos « en contexte ».

Tâtonnements

C’est toujours plus facile de gommer les errements à posteriori. Or ce sont ces tâtonnements qui sont les plus enrichissants à lire pour tout aspirant entrepreneur.

C’est aussi l’un des intérêts de lire The Everything Store: Jeff Bezos and the Age of Amazon de Brad Stone. Non seulement parce que Amazon est l’une des sociétés comme il en naît une ou deux par génération, mais surtout parce que l’enquête est passionnante sur la manière dont une startup est dans l’ajustement permanent.

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Master en business plan de Google University

Se questionner sur le bon moment pour se lancer est légitime, mais l’exercice est un peu stérile en soi s’il reste théorique. Tout le monde peut bâtir des châteaux en Espagne sur le papier. C’est même trop souvent la vocation d’un business plan si vous ne suivez pas la méthode dynamique que nous recommandons. On se retrouve avec des business plans typiques de la « Google University » : une masse documentaire impressionnante à force de centaines de requêtes Google, mais aucun fil directeur qui reflète une personnalité singulière ou une vision d’entrepreneur.

Hélas, cette quête sans fin de l’information à coup de veille frénétique sur les réseaux sociaux est trop souvent le meilleur moyen de freiner toute velléité entrepreneuriale. C’est le fameux moment où on s’aperçoit que son concept existe déjà. Les pires des aspirants entrepreneurs sont sans doute ceux qui finissent par se convaincre que tel nouveau produit ou tel nouveau service était précisément leur idée du siècle.

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L’âge et l’expérience

D’autres entrepreneurs en herbe s’imaginent trop jeunes, trop vieux, pas assez expérimentés. On peut comprendre qu’avec l’âge il soit moins simple de mettre en danger son couple et les finances de son ménage pour une lubie entrepreneuriale.

Pour les jeunes, les excuses tiennent parfois à une inquiétude professionnelle. On voit l’entrepreneuriat comme une carrière, là où il faudrait davantage voir un rapport à la liberté et un investissement sur soi-même. Apprendre à coder ou à faire un site WordPress ne prend que quelques dizaines d’heures sur son temps libre et c’est un atout durable.

Sur la question de l’expérience, il faut bien voir que l’entrepreneuriat est un sport de débutants. Il faut une certaine insouciance pour consentir autant de sacrifices pour monter son entreprise. Car les aspirants entrepreneurs se font toute une montagne de l’idée de création d’entreprise, alors qu’en réalité c’est l’exécution qui est le processus le plus exigeant. Monter son entreprise n’est que le début d’une longue aventure. On en sur-estime les effets à court terme et tout prend plus de temps que prévu, mais on sous-estime tout ce que cela peut entraîner sur le long terme : accomplissement personnel, confiance en soi, plaisir de faire ce que l’on aime, etc.

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La peur de l’échec

Il y a souvent une scène dans les comédies romantiques où un(e) ami(e) vient réconforter la personne qui vient de rompre en lui disant : « Ce n’était peut-être pas le bon moment pour vous deux, c’est tout ». Un peu comme ces candidats recalés d’un job qui tentent de se rassurer en disant, généralement sur le quai à La Défense – Grande Arche : « Ce n’était pas le bon timing, sans doute qu’un meilleur poste m’attend. »

Se planter est la plus grande crainte des aspirants entrepreneurs. On idéalise donc l’idée de création d’entreprise, on se sur-informe à coup de portraits d’entrepreneurs racontés à posteriori et on préfère se coucher en remettant les choses à plus tard.

Après tout, beaucoup sont comme ces enfants uniques de la classe moyenne indienne dont les parents se sont sacrifiés pour qu’ils puissent faire tout en temps voulu : études secondaires dans les plus prestigieux établissements jésuites, études supérieures aux Etats-Unis, etc. Le tout pour obtenir une situation : médecin ou ingénieur. Il sera alors temps de se marier et d’avoir des enfants.

Je ne fais pas partie de ces curieux agitateurs comme Paul Graham qui recommandent d’abandonner les études pour se lancer. Mais il faut utiliser ses diplômes comme une sécurité pour faire ce que l’on aime, tout en sachant que l’on a un solide filet si jamais cela ne marche pas.

Une fois que l’on est lancé en effet, il est assez simple d’apprendre à gérer la peur de l’échec. On découvre à ce moment-là qu’il existe une autre angoisse bien réelle avec laquelle il faut apprendre à composer : le rejet permanent. Pas une journée ne se passe sans un refus, sans une réponse négative ou un message décourageant. Personne n’attend votre startup, tout le monde se fiche de votre lancement. C’est à vous de vous battre pour exister. A force de persévérance, la chance finit par tourner. Ce n’est pas un hasard, c’est juste que vous avez entre-temps appris à gérer un business.