Faire quelque chose qui compte passe trop souvent à l’arrière-plan des préoccupations de l’entrepreneur. Il se rêve en artiste, libre et joyeux. À force de compromis pourtant, il consacre la majorité de ses heures à des tâches secondaires, très éloignées du domaine où il excelle, par facilité ou par nécessité, quand l’argent ne rentre pas notamment.

Faire quelque chose qui compte

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Ne pas attendre la permission

Dans le monde du salariat, il est relativement apaisant de se retrouver entouré de gens consciencieux qui prennent des notes en réunion et suivent les instructions données. La tentation de l’entrepreneur en herbe est de s’imaginer qu’il y a un cursus honorum pour réussir dans la création d’entreprise. Il est influencé en cela par les médias spécialisés qui célèbrent les « idées de business » et les annonces de « levées de fonds » comme autant de « success stories ».

De fait, on voit souvent des aspirants entrepreneurs s’infliger une copieuse bibliographie de livres sur l’entrepreneuriat et se droguer à l’actualité des startups. Au lieu de pousser à l’action, le trop-plein d’informations a un effet paralysant. Tout a déjà été fait, mon idée que je croyais unique existe, si seulement j’avais des financements, etc. Chacun s’invente des motifs pour ne pas sauter le pas de l’entrepreneuriat.

Commencer quelque chose

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Le remède est pourtant simple. Pour être entrepreneur sans le savoir, il suffit de faire quelque chose. Bien sûr que tout a déjà été fait, mais pour vous c’est la première fois. C’est la première fois que vous faites quelque chose pour nous également, que ce soit au travers d’un blog ou d’une offre de produits ou de services. Vous voyez, c’est la première fois pour tout le monde.

Chaque fois que votre imagination commence à trouver des excuses pour reporter quelque chose, listez tous les « si seulement » qui vous viennent à l’esprit. Vous verrez que c’est une bonne manière d’éliminer votre excuse du moment.

J’ai souvent insisté sur l’importance de commencer quelque chose pour que les portes s’ouvrent et que les bonnes volontés se manifestent autour de vous. Faire quelque chose vous permet en plus de vous affranchir de tout ce que vous pensez pénalisant, sur votre CV par exemple. Si le jeu est biaisé, jouez à un autre jeu et inventez vos propres règles comme dirait Seth Godin. Si votre marque personnelle en ligne devient la source de votre réputation, il n’y aura plus grand’monde pour vous embêter avec votre parcours.

Ne pas se tromper sur le rôle de la passion

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Ceux qui vivent dans la peur de se faire piquer leur idée par le premier interlocuteur venu peuvent dormir tranquille. La différence se joue essentiellement sur la passion que vous mettrez à exécuter votre idée de startup. A la vérité, quand on commence à partager ses problèmes, on réalise que la plupart des gens écoutent d’une oreille pour le moins distraite. D’où l’intérêt d’aller vers d’autres passionnés ou des entrepreneurs plus expérimentés que vous.

Entendons-nous bien pour autant sur l’idée de passion. Mettre de la passion dans votre travail est beaucoup plus simple que de trouver une occupation qui corresponde à votre passion. Si vous lisez Startupland: How Three Guys Risked Everything to Turn an Idea into a Global Business de Mikkel Svane, vous verrez que constamment on reproche aux cofondateurs de Zendesk le côté ennuyeux de leur logiciel de relation-client. Pourtant, cela n’a jamais empêché les équipes de Zendesk d’être passionnées par leur offre. Ni aux cofondateurs de Zendesk de quitter leur appartement de Copenhague pour s’installer à Boston puis dans la Silicon Valley, sans parler de l’introduction en bourse de Zendesk en mai 2014.

Donner le meilleur de soi-même

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Le plus difficile est de bâtir quelque chose qui soit digne d’intérêt pour votre audience ou vos clients potentiels. Si l’on prend l’exemple des médias en ligne, la plupart du temps le métier de journaliste de « desk » se réduit à faire des copier-coller de dépêches de presse. Ce travail est précaire, il est assumé le plus souvent par des stagiaires, en attendant que l’intelligence des machines permette de générer automatiquement des articles.

Pour faire quelque chose qui compte, il convient de s’éloigner de toutes les facilités. Il n’y a malheureusement pas de raccourcis pour construire une crédibilité dans la durée. C’est pour cela qu’il est important de commencer le plus tôt possible à semer des graines, dans l’hypothétique espoir de pouvoir en récolter le fruit quelques mois ou quelques années plus tard. Toute réussite repose sur quelques invariants : une offre de grande qualité, une politique commerciale favorable aux clients et un bouche-à-oreille positif. Pour le reste, l’entrepreneur doit se montrer patient.

Chaque journée de travail doit être l’occasion de donner le meilleur de vous-même, de créer quelque chose qui compte et d’offrir au monde ce que vous avez de mieux à proposer. Peu importe que vous fassiez des erreurs, l’essentiel est d’être en mouvement.

Se montrer généreux

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Donner des choses gratuitement et partager son savoir est très simple avec Internet. Avant de songer à gagner quoique ce soit, il faut d’abord être en position de partage.

Ce partage doit être le plus désintéressé possible. Normalement, vous devez y prendre du plaisir. Par exemple, un blogueur n’attend en général rien en retour quand il publie un article. Cela lui fait plaisir que vous preniez du plaisir à le lire. À terme, cette générosité génère des revenus, directs dans le cadre d’une stratégie de monétisation, ou indirects, en termes de marque personnelle. Nous en avons parlé dans Monétiser son site, son blog ou son application mobile.

Mener à bien un projet qui compte

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Pour réussir à mener à bien quelque chose qui vous tient à cœur, il faut être impitoyable et éliminer très tôt les idées qui risquent de vous conduire à vous disperser dans votre travail. Il vaut mieux avoir le courage de dire non tout de suite plutôt que de s’embarquer dans des projets chronophages et secondaires.

Cela suppose d’avoir une vision d’ensemble et de réussir à l’articuler en objectifs intermédiaires comme autant de blocs de travail. Un projet gigantesque devient alors réalisable grâce à une succession de petits pas.

Pour faire quelque chose qui compte, il faut enfin apprendre à terminer le travail. C’est le plus dur : appuyer sur envoyer, publier et livrer au monde votre œuvre. La bonne nouvelle est que dans la plupart des cas, il ne se passera rien. A vous de persister suffisamment longtemps pour commencer à rencontrer votre audience et vos futurs clients.