Être entrepreneur est usant, malgré l’adrénaline et l’excitation procurées par les moments où l’on sent que quelque chose est en train de marcher. Certains de mes clients rentrent chez eux tellement épuisés le soir qu’ils s’affaissent devant les émissions de téléréalité ou pire encore… Devant BFMTV. Ils s’en veulent de sacrifier vie mondaine, sentimentale ou familiale et ont des moments de grand découragement « en off ».

Sur la plage, divers articles invitent à se poser la question « êtes-vous fait pour être entrepreneur ? » sous forme de quizz d’été. J’ai eu envie de prendre les différents thèmes abordés. Ces rubriques mettent en relief un certain nombre de clichés qui participent à créer des barrières mentales chez la plupart des gens quand on leur parle de se lancer à leur compte.

Pour répondre au test, j’ai décidé de m’appuyer sur Office Space, comédie qui se passe dans une SSII en plein travail de mise à jour informatique pour éviter à ses clients le bug de l’an 2000. Quitte à allumer la télévision en plein été, autant regarder un film sur l’entrepreneuriat ! Si vous n’avez pas la possibilité de voir ce film, je vous recommande le script intégral.

Êtes-vous fait pour être entrepreneur ?

être entrepreneur

1. Etes-vous à l’aise à l’idée de prendre des risques ?

Office Space montre bien divers rapports au risque parmi les salariés d’Initech. Quand Peter demande à ses collègues « Est-ce que vous vous voyez toujours faire cela à cinquante ans ? », Samir parle de sécurité de l’emploi, Peter avoue lui être peureux.

Comme je le dis souvent, l’entrepreneuriat est une aventure dans la mesure où l’on devient entrepreneur par conquêtes successives. Cela tient davantage du marathon que du sprint, surtout quand on a une famille, divers emprunts à rembourser et le confort d’un emploi salarié.

Avec l’approche dynamique que je recommande, les risques sont la plupart du temps calculés, puisqu’en testant vite vos hypothèses, vous pouvez plus rapidement les valider ou les écarter.

2. Avez-vous le goût de l’indépendance ?

L’entrepreneur n’est pas un empire dans un empire pour paraphraser Spinoza, il passe son temps à poser des questions à des personnes qui sont déjà passées par les mêmes étapes que lui.

Ce qui est vrai est que l’on apprend à décider rapidement, en faisant confiance aux éléments chiffrés plutôt qu’à ses intuitions. D’où l’importance d’avoir un bon tableau de bord et de s’interroger sur les indicateurs clés de son activité. Il ne faut non plus être accaparé par votre activité de suivi, il y a Initech pour cela, comme s’en amuse Office Space avec les fameuses couvertures d’une certaine couleur qu’il convient d’ajouter aux « rapports TPS ».

Dans le film, après une séance chez un hypnotiseur, Peter est soudainement libéré. Peter affiche son indépendance d’abord à table avec la femme de ses rêves, avouant que peu lui importe de continuer à travailler pour Initech. Devant les consultants chargés d’auditer la firme, il montre également son indépendance d’esprit en décrivant une journée ordinaire avec humour. On admirera la décontraction de Peter, qui fait désormais partie intégrante du lieu commun autour de l’image cool de l’entrepreneur. Les consultants sont tellement emballés qu’ils proposent de promouvoir Peter.

3. Avez-vous des talents de persuasion ?

La question me paraît mal formulée, l’entrepreneur apprend surtout à essuyer les refus. On endure tellement de réponses négatives que l’on finit par ne plus les craindre. Pour le reste, c’est surtout une question de pratique. Cela prend du temps de trouver les personnes à qui le projet parle, mais généralement les portes s’ouvrent plus facilement quand on a un premier business plan ou un premier prototype à montrer. Pour ce qui est de parler en public, vous trouverez avec notre modèle des conseils pour réussir une présentation orale.

Le principal écueil rencontré par l’entrepreneur en herbe est que son produit ou son service n’est pas adapté.

Il ne répond pas à un problème ou un besoin, il ne rend pas les gens plus « heureux » en enlevant quelque chose de négatif. C’est l’exemple du matelas pour « sauter aux conclusions » que rêve d’inventer Tom dans le film Office Space : la pire idée jamais entendue au dire de tous ses collaborateurs. Pourtant, un peu plus loin dans le film, on voit que Tom a réalisé un prototype. L’idée est toujours douteuse, mais au moins il a quelque chose à montrer.

Vous pouvez reprendre notre modèle de business plan complet si vous souhaitez valider votre idée tout en avançant dans la création de votre entreprise. Vous pouvez également nous solliciter pour un accompagnement, cela s’avère souvent très utile pour envisager comment améliorer l’exécution de votre idée pour maximiser votre retour sur investissement et minimiser vos risques en n’y laissant pas toutes vos économies.

4. Maîtrisez-vous l’art de la négociation ?

C’est davantage le sens du compromis provisoire qui prime, car il faut faire au mieux avec des ressources limitées en argent et en moyens humains. Il y a de nombreuses situations où la startup n’est pas en position de négocier face à des fournisseurs beaucoup plus installés qu’elle ou des premiers clients trop rares pour être congédiés quand ils sont trop quérulents. L’important est de commencer, peu importe si à terme il faudra changer de logisticien, si le back-office s’avérera trop léger face au nombre de commandes à gérer, etc.

Peter passe mettre dans l’art d’esquiver les contraintes une fois qu’il est libéré des pesanteurs d’Initech. A rebours, Milton se laisse étouffer, s’accrochant à son agrafeuse fétiche, mais étant en permanence changé de place pour finalement se retrouver à la cave.  Il accumule les vexations sans chercher un compromis provisoire, jusqu’à l’explosion finale.

5. Êtes-vous créatif ?

Ce n’est pas tellement la créativité qui compte, on l’est rarement après des semaines dans le tourbillon de l’entrepreneuriat. Il s’agit plutôt d’apprendre de ses erreurs rapidement et de repérer ce qui a le potentiel de marcher.

Par manque de temps et de moyens, il faut se focaliser sur les choses qui ont potentiellement le plus d’impact en termes d’audience, de conversion, de satisfaction client, de marge, etc. Les opportunités sont partout, mais c’est précisément parce qu’il est dans un environnement extrêmement contraint que l’entrepreneur apprend à les saisir ou les écarter.

Dans Office Space, il n’y a aucune place à l’imagination. Peter avoue qu’il ajoute deux chiffres dans des milliers de lignes de code pour empêcher le bug de l’an 2000 : il faut par exemple remplacer la date 98 par 1998. Peter trouve la créativité dans sa passion pour les parties de pêche à la ligne et le visionnage de films de Kung Fu quand il rentre chez lui assommé le soir. La seule créativité laissée aux employés est de venir avec une chemise hawaïenne lors des vendredis à thème.

La copine de Peter, Joana, est soumise aux mêmes limitations. Elle est censée exprimer sa créativité au travers des badges qu’elle porte sur son uniforme de serveuse. Mais elle doit en porter davantage que le minimum, c’est-à-dire quinze.

6. Avez-vous le soutien de proches et un bon réseau professionnel ?

Les proches sont les premiers à projeter leurs propres inquiétudes sur l’entrepreneur qui veut se lancer. Dans Office Space, on voit bien l’incompréhension de Joana face à Peter, qui semble indécis sur son avenir alors qu’il sait ce à quoi il veut échapper, à savoir son travail chez Initech, les factures à payer, etc.

Outre un service ou un produit inadapté, l’entrepreneur en herbe ne sait pas toujours s’adresser aux bons professionnels qui pourraient l’aider.

Son réseau professionnel n’est pas suffisamment étendu, il ne parvient pas à trouver des pairs, des mentors et des investisseurs. Pour avoir travaillé sur les écosystèmes d’entrepreneurs dans la Silicon Valley, en France et en Inde, je sais à quel point il est important d’avoir un réseau quand on se lance dans l’entrepreneuriat. Magali Boisseau explique très bien comment elle a l’impression d’avoir perdu plusieurs années de sa vie faute d’avoir pu taper aux bonnes portes plus rapidement.

C’est précisément sur ce point que notre accompagnement s’avère utile pour les entrepreneurs qui me sollicitent. En plus de faire des recommandations adaptées, j’ai l’habitude de mettre en relation l’entrepreneur avec deux à trois personnes de mon réseau pour chaque problème à régler rapidement. C’est essentiel car il y a toujours derrière ces problématiques de forts enjeux business en termes de chiffre d’affaires et de marge pour l’entrepreneur que j’accompagne.

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