Comment trouver le bon mentor pour créer son entreprise ?

Au-delà des liens financiers entre telle ou telle start-up et un consultant, j’ai l’impression que la qualité de l’accompagnement fourni tient en partie à la volonté ou non du consultant d’être également un bon mentor pour les entrepreneurs qu’il aide.

Il existe un grand nombre de prestataires de services dédiés à l’accompagnement des jeunes start-ups : avocats, experts comptables, consultants en marketing, sociétés informatiques spécialisées, agences de relations presse, etc. Une partie de la vitalité de l’écosystème des start-ups tient de cette offre, même si les entrepreneurs en herbe en découvrent peu à peu seulement toute la richesse.

Comment trouver le bon mentor pour créer son entreprise ?

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Trop peu d’investisseurs français jouent les mentors

Certains investisseurs répugnent à materner les entrepreneurs à la tête des start-ups qui font partie de leur portefeuille. Pourtant, il y a une certaine magie à accepter de jouer les mentors, car vous apprenez autant que la personne que vous acceptez d’aider au-delà des stricts termes du contrat vous liant.

Il se trouve qu’en travaillant sur les écosystèmes de start-ups aux États-Unis, en France et en Inde, je me suis aperçu de la faible présence des investisseurs français dans l’espace médiatique en plein développement autour de l’entrepreneuriat. Jean-David Chamboredon est identifié comme tel, mais tout comme France Digitale et quelques autres, ils se sont perdus depuis un an sur le terrain politique.

Méconnaissances réciproques

Quand on me demande pourquoi j’ai lancé On Business Plan, j’aime souligner que je suis animé par la volonté de démocratiser l’entrepreneuriat. Au départ, c’était face au constat que les aides publiques consacrées au numérique avaient malheureusement tendance à bénéficier uniquement à des initiés. De fait, à la différence d’autres consultants en levées de fonds, je connais très bien les dispositifs publics de financement et c’est une qualité très recherchée chez mes clients.

Il faut dire que la complexité administrative est un terreau favorable pour de nombreux prestataires de service. Voyez le nombre de sollicitations que reçoivent chaque jour les entreprises innovantes de la part de cabinets spécialisés dans la chasse aux aides publiques. Le montage de dossiers pour bénéficier du crédit d’impôt recherche en est l’exemple même.

Le fait que les entrepreneurs médiatiques du Web parlent en termes très imprécis dès qu’ils abordent la question des politiques publiques est révélateur. Ce ne sont pas uniquement les hommes politiques et les fonctionnaires qui ont du mal avec le numérique. La méconnaissance est réciproque.

Je suis d’autant plus sensible à ce sujet que j’ai longtemps travaillé à la rencontre des deux sphères, entre porteurs de projets et dispositif public d’investissement dans le numérique. Il n’est qu’à lire les propos de Brad Feld dans Startup Communities: Building an Entrepreneurial Ecosystem in Your City. Le rapport de l’administration américaine fédérale aux écosystèmes de startups locaux comme Boulder dans le Colorado y est très bien décrit. L’herbe n’est pas plus verte ailleurs.

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Guides accessibles

Mais pour démocratiser l’entrepreneuriat, j’ai compris par la suite qu’il fallait donner à chacun les moyens d’entreprendre. J’ai ainsi lancé des guides sur la Création Startup, l’un pour ceux qui réfléchissent à se lancer dans l’entrepreneuriat, l’autre pour ceux qui veulent profiter de l’écriture du business plan pour avancer vers la création d’entreprise. Nous avons également envisagé comment créer un blog et monétiser son site.

Le profil-type d’un bon mentor

Le dernier aspect de mon offre est l’accompagnement mensuel que je propose aux clients avec qui j’ai déjà eu l’occasion de travailler une première fois. Ce n’est que dans ce cadre que je peux accepter ou non de jouer au bon mentor, car il faut également que l’entrepreneur en exprime le désir une fois que la confiance est instaurée.

À mon sens, tout en restant consultant en création d’entreprise, ce que j’offre répond assez bien à ma manière de définir le rôle d’un bon mentor :

Savoir ce que l’on sait

Les entrepreneurs qui durent connaissent généralement très bien leurs points forts et leurs faiblesses. Pour ne prendre qu’un exemple, les créateurs de mode ou designers qui viennent me voir affirment régulièrement « Je déteste les chiffres, j’ai besoin de quelqu’un car je veux me focaliser sur la création des produits ».

C’est une bonne entrée en matière, car l’expérience qu’ils ont dans leur domaine de compétence est suffisamment forte pour qu’ils puissent avoir cette distance sur eux-mêmes. Un mentor qui prétend savoir tout fera l’admiration de ses élèves s’il est prof en classes préparatoires, mais il ne sera sans doute pas un bon mentor pour créer votre entreprise.

Être entier : mettre en pratique ce que l’on défend comme approche

L’approche dynamique que je défends dans notre modèle de business plan est celle que j’utilise dans mes propres projets entrepreneuriaux. Je mets en pratique en permanence les conseils que je donne aux entrepreneurs que j’accompagne. C’est la différence entre un consultant de salon qui cherche à utiliser ses grilles d’analyse ou à recycler d’anciens slides et un mentor qui tire son expérience de ses différentes aventures et fournit des conseils sur mesure.

Être direct : dire la vérité, même les choses les plus dures à entendre

On ne s’améliore pas si les interlocuteurs sollicités vous disent d’emblée que tout est parfait. Un bon mentor sait être direct dans les retours qu’il est amené à formuler. Comme je l’ai expliqué dans Journal d’un entrepreneur en pyjama, si quelqu’un vient vous soumettre son projet, c’est qu’il sait que sa création en vaut la peine.

Séparer les opinions des faits

Quand je me suis constitué mon propre réseau de mentors, je détestais les jugements à l’emporte-pièce et les moments où la discussion basculait dans un esprit qui tenait davantage du bar des sports (« on refait le match ») que de l’Académie de Platon (l’accouchement des idées par la discussion et le doute).

Lorsqu’un entrepreneur me sollicite au moment de mettre en place son réseau, j’ai tendance à dire que n’importe qui aura une opinion sur son projet. La différence est que le bon mentor s’appuiera sur des faits. C’est pour cela que je recommande la mise en place d’indicateurs clés de suivi quand on me demande d’améliorer un point critique de l’activité de la start-up.

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Être une tombe

L’une des premières choses que l’on apprend quand on travaille sur des dossiers d’investissement, c’est le culte du secret. Dans The Family, Michelle Pfeiffer qui incarne une femme de mafieux s’inquiète auprès du prêtre normand de savoir s’il existe ou non une clause de confidentialité dans la confession qu’elle s’apprête à faire. L’un de mes engagements est de signer systématiquement un accord de confidentialité avec mes clients.

Guider, ne pas contrôler

« Do or Do not. There is no try » enseigne Yoda à Luke Skywalker. Yoda ne contrôle pas ce que fait Luke, il oriente simplement sa recherche en l’incitant à l’action. Un bon mentor ne vous dira pas « c’est comme ça et pas autrement ». Il vous donnera des pistes à explorer et c’est ensuite à vous de vous réapproprier ces idées.

Être optimiste

Grâce à son recul vis-à-vis des problèmes présentés par l’entrepreneur, le mentor est mieux à même de dédramatiser les choses. Quand on passe ses journées la tête dans le guidon, on perd parfois de vue l’essentiel. Malgré toutes les difficultés qui surgissent, il est fort probable que le projet avance, même si tout prend plus de temps que prévu.

Lorsqu’il y a des problèmes importants à discuter, j’aime le faire en marchant. Cela permet à chacun de changer du contexte de la salle de réunion et d’avoir des discussions différentes. Si vous appréciez la série danoise Borgen, vous savez comme moi que pour toutes les grandes décisions à prendre Birgitte Nyborg aime rencontrer son mentor politique, Bent Sejrø, dans la froideur des espaces verts de Copenhague. Bent Sejrø est du reste l’exemple même de l’optimisme : il croit en Birgitte Nyborg.

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Donner des conseils immédiatement applicables

Un bon mentor ne reste pas dans le vague, il cherche des leviers d’action pour régler le problème que vous lui soumettez. Avec l’expérience, j’arrive de mieux en mieux à déconstruire les demandes qui me sont soumises. Quelqu’un qui recherche un associé va vous faire un portrait tellement complet de la personne idéale que cela semble impossible à trouver. Mais en détachant les besoins immédiats des besoins plus lointains, on arrive à un profil plus facile à trouver. L’une des joies de la discussion est d’arriver à découper des problèmes insurmontables en une série d’actions à prendre.

Chercher la petite bête, en étant constructif

Dans les jurys de concours pour entrepreneurs, il y a toujours un membre qui s’amuse à se faire mousser auprès des autres en jouant les mauvais diables. Beaucoup de gens affirment leur autorité en utilisant les négations : « Vous n’êtes pas prêts, vous n’êtes pas assez solides, etc. ». Il est bon d’avoir un mentor qui cherche la petite bête, mais il faut que cela reste constructif. C’est ensuite à vous d’apprendre à privilégier ce qui revient le plus dans les retours que l’on vous fait, plutôt que de vous perdre à honorer toutes les critiques.

Ecouter et faire preuve d’empathie

La capacité d’écoute est chose rare dans ce métier, car chacun à tendance à s’écouter parler de ses exploits entrepreneuriaux. Pour avoir discuté avec beaucoup de pionniers du web en France, ils sont attristés de passer pour des anciens combattants chaque fois qu’ils tentent d’évoquer les années 90 auprès de leurs jeunes interlocuteurs. Un bon mentor est quelqu’un qui écoute et suspend son jugement tout le temps nécessaire à ce que la discussion s’approfondisse.

L’empathie est également une chose essentielle : entreprendre est difficile. Chacun se souvient combien les premiers pas ont été difficiles, tout comme la plupart de ceux qui ont suivi : trouver un cofondateur, bâtir son offre, séduire les premiers clients, etc. La seule manière de comprendre l’autre est de faire preuve d’empathie.

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